Israël est la racine

La guerre entre Israël et l’organisation terroriste du Hamas oblige les démocraties occidentales à énoncer à nouveaux frais la nécessité d’une solution à deux Etats, solution qui relève de plus en plus de l’incantation tant la sauvagerie des uns et des autres est susceptible de la compromettre.

 

Pour nous, chrétiens, souvenons-nous qu’« Israël est la racine » : c’est ainsi qu’aimait le rappeler, simplement mais fermement, le cardinal Jean-Marie Lustiger.

 

Ce à quoi nous assistons depuis 1945 entre Israël et la Palestine, c’est ce que le philosophe-psychanalyste Daniel Sibony nomme « l’impossible partage »(1). Au fond, c’est quand nous n’avons plus comme solution que de partager que nous n’y parvenons pas. Le partage, personne n’en veut ! Pour cela, il faudrait se mettre à la place de l’autre, mais par bombes interposées, tout est bloqué, si bien que plus aucune argumentation rationnelle n’est totalement exempte de parti pris.

 

Le théologien protestant Oliver Abel a rappelé récemment combien la jeunesse humiliée d’aujourd’hui prépare les violences de demain(2) : or, on voit bien, hélas, que jeunes Israéliens et jeunes Palestiniens apprennent la violence depuis leurs références et leurs référents les plus importants pour eux, jour après jour.

 

Un imam de mes amis, peu après avoir subi une grave déconvenue de la part d’un représentant de ma religion, me disait : « je lui pardonne car il ne savait pas ce qu’il faisait ». En citant ces mots de la Passion, il me montrait à quel point le dialogue était salutaire …

 

Père Laurent Lemoine, vicaire

 

(1) Voir, par ex., Les trois monothéismes, Paris, Seuil, 1992 ; Don de soi ou partage de soi, Paris, Odile Jacob, 2000, etc.

(2) O. Abel, De l’humiliation. Le nouveau poison de notre société, Paris, Les liens qui libèrent, 2023.