Au coeur du Nom

Au cœur du Nom

Moïse, ce matin-là, taille lui-même les tables de pierre. Il revient, pour la seconde fois, vers ce Dieu dont la présence l’a brûlé. Et dans le silence de la montagne, quelque chose passe devant lui, non pas une apparition triomphale, mais une voix qui prononce un Nom : « Le Seigneur, le Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité. » (Ex 34, 6)

Ce Nom n’est pas une définition. C’est le fond des choses. Dieu ne dit pas ce qu’il fait ; il dit ce qu’il est, et ce qu’il est tient en quelques mots qui n’ont jamais fini de résonner.

L’Évangile de Jean va plus loin encore dans cette révélation de l’intime : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16). La fête de la Trinité n’est pas une invitation à résoudre un mystère spéculatif. Elle est l’occasion de contempler l’amour tel qu’il est en lui-même : non pas un sentiment, mais un mouvement éternel de don. Le Père donne. Le Fils est donné. L’Esprit nous entraîne dans ce courant qui ne s’épuise pas.

Nous avons été plongés dans ce nom trinitaire le jour de notre baptême. Ce jour-là, le Nom a été prononcé sur nous – « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » – et quelque chose a commencé qui ne s’achèvera pas. Non pas l’appartenance abstraite à une communauté d’adeptes, mais une participation réelle à la vie même de Dieu.

Saint Paul, au seuil du silence, en donne la formule nue : « La grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous » (2 Co 13, 13). Pas un vœu : une réalité qui nous précède et nous porte, aujourd’hui comme au premier matin.

Père Sébastien Waeffler, curé